Septembre - Décembre 2019
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«De l’or vert au bout des doigts»
Marie-France Bayetti, journaliste à  La Provence édition Alpes  depuis de nombreuses années, m’a dressé le portrait dans un article paru le samedi 31 août 2019. Merci à elle. Voici son article, avec quelques corrections, sous le format web.

Marie-France Bayetti, journaliste à La Provence édition Alpes depuis de nombreuses années, m’a dressé le portrait dans un article paru le samedi 31 août 2019. Merci à elle. Voici son article, avec quelques corrections, sous le format web.

De l’or vert au bout des doigts de Sébastien Roux

Lauréat du Prix Lorenzo Natali, le Dignois est "Meilleur journaliste émergent"

Bénin, Haïti, Suisse, Caraïbes, Islande... Quel chemin parcouru pour Sébastien Roux, depuis sa collaboration avec notre titre en qualité de "renfort d’été" en 2017. Au cours de ces deux dernières années, ce Dignois de 25 ans a eu l’occasion de travailler plusieurs mois en Suisse pour trois médias, et de partir quatre mois dans les Caraïbes, un mois au Bénin et deux semaines en Islande en tant qu’indépendant pour publier ses articles dans des médias français, suisses et belges.

Fidèle à son emploi saisonnier de surveillant de baignade au plan d’eau, le voici donc de retour dans sa ville natale avec dans ses bagages le Prix Lorenzo Natali 2019 dans la catégorie "Meilleur journaliste émergent". Une très belle récompense pour ce globe-trotter animé par le désir de mettre en avant ceux qui arrivent à sortir du lot en osant faire des choses à contre-courant.

Grâce à une parfaite maîtrise de l’anglais et de gros progrès en espagnol, Sébastien propose ses reportages à des médias francophones et anglophones, et cible les médias hispanophones. Après un séjour Erasmus en Suède et un Master Métiers du journalisme et enjeux internationaux, il part faire de l’humanitaire en République dominicaine tout en travaillant pour une école de kitesurf.

Journalisme de solution

Ses pérégrinations le conduisent au Bénin où il découvre la jacinthe d’eau, présente dans une cinquantaine de pays sur les cinq continents. « Cette plante est nocive pour l’homme, pour la pêche, pour les déplacements en pirogue, et surtout pour l’afflux de moustiques et donc le risque de paludisme. L’angle des articles sur la jacinthe d’eau est toujours " C’est une malédiction, ils perdent tant de récoltes, il y a tant de ma- ladies... ". Et c’est tout, observe Sébastien qui découvre au Bénin des initiatives intéressantes : Certains l’utilisent comme dépolluant. La fibre permet de capter tout ce qui est liquide industriel. Pour arrêter une marée noire, on peut disperser les résidus de la plante, ça permet de limiter la propagation ».

Une belle entrée en matière pour celui qui envisageait de faire un sujet sur le biomimétisme, ou comment les gens observent la nature pour créer des technologies intéressantes pour l’homme. Par exemple, la fourmi qui arrive à soulever plus que son poids.

Il visite au Bénin une ferme avec un laboratoire biologique. « Je me suis rendu compte qu’ils avaient aussi de la jacinthe d’eau. Et eux, c’était pour faire du biogaz ou pour dissiper les mauvaises odeurs aux abords des toilettes. J’ai trouvé ça intéressant : comment une plante, à priori nocive et menaçante, peut se transformer en une énergie utile pour l’homme. Je me suis dit "Là, il y a quelque chose à faire". J’ai rencontré une ONG qui commençait une formation pour des jeunes agriculteurs. Eux en font du compost. Ils se passent des pesticides qui font une entrée fracassante sur le continent africain ».

Il publie chez Reporterre

En compilant les trois rencontres, l’angle était tout trouvé : comment trois entités ont transformé une menace en or vert. Certains l’appellent "journalisme positif". Ceux qui le pratiquent lui préfèrent "journalisme de solution", moins béat. « Comparé aux autres candidats, mon article essaie de montrer un autre aspect : quelque chose qui peut être nocif, et comment les personnes ont observé, réfléchi, pour tirer parti des bienfaits de chaque méfait ».

Reporterre a immédiatement été réceptif. "Ils ont pris avec plaisir texte et diaporama photos". Tout s’enchaîne. Une dizaine de jours après la publication de son article, Sébastien apprend l’existence du prix Lorenzo Natali. Il envoie son reportage, prouve qu’il a moins de 30 ans. Et oublie. « Deux mois plus tard, quand j’étais en Islande, on m’annonce que j’ai gagné ».

Aujourd’hui, il espère que ce prix l’aidera à décoller. Il envisage de retourner en Suisse où il a travaillé pour trois rédactions, en Belgique, en Amérique latine sa région de cœur, ou encore au Liban en indépendant. Ses sujets de prédilection portent sur l’environnement, le droit des enfants, l’exclusion, la discrimination. « Des sujets porteurs qui ont un message à véhiculer, où l’on peut sortir des stéréotypes ».

« Je laisse toutes les portes ouvertes », sourit le jeune Dignois qui profite de son séjour à Digne auprès de sa famille pour vendre des piges sur des sujets en Provence. En janvier 2020, la médiathèque pourrait lui ouvrir ses portes pour une exposition de photos sur le vaudou au Bénin.

Marie-France BAYETTI

Lauréat du Prix Lorenzo Natali 2019
Michel Touma de L’Orient - Le Jour me remet le Prix Lorenzo Natali dans la catégorie meilleur journaliste émergent. © Twane Photographe

Michel Touma de L’Orient - Le Jour me remet le Prix Lorenzo Natali dans la catégorie meilleur journaliste émergent. © Twane Photographe

Tout est parti d’une opportunité. En janvier dernier, j’ai séjourné trois semaines au Bénin. L’occasion de rendre visite à des amis installés à Cotonou. Plusieurs mois à l’avance, j’ai préparé mon séjour du mieux possible : en lisant des articles sur la situation de ce petit pays d’Afrique méconnu, en discutant avec un Béninois terminant un stage en Suisse et en creusant différentes thématiques pour sortir des sentiers battus habituels.

Trois semaines intenses. Trois semaines pour s’immerger dans la culture vaudou. Trois semaines pour découvrir le pays d’est en ouest, du sud au nord avec une escapade dans le parc national de la Pendjari. Trois semaines pour passer du temps avec des locaux et des expatriés. Trois semaines pour surfer les vagues cassantes du Golfe de Guinée. Trois semaines pour saisir des instants du quotidien et les retransmettre à travers des mots et des images.

Trois articles publiés. D’autres qui n’ont malheureusement pu voir le jour, faute de temps et de moyens. Il faut savoir faire des choix, se concentrer sur un sujet plutôt qu’un autre. Dès le début, celui sur la jacinthe d’eau a attisé ma curiosité. Cette plante, présente dans une cinquantaine de pays sur les cinq continents, est essentiellement présentée comme une menace. Pourtant, certains (Green Keeper Africa, le Centre Songhaï, l’ONG JEVEV) ont préféré l’observer pour utiliser ses vertus et transformer cette menace en « or vert ».

Changer son regard : voilà mon ambition au moment d’écrire ce reportage. L’envie de mettre en lumière des initiatives locales pour bâtir, ensemble, un futur plus respectueux de l’environnement. Cette manière de faire a séduit les différents membres du Prix Lorenzo Natali, qui parmi plus de 1 200 candidats m’ont récompensé dans la catégorie du meilleur journaliste émergent.

Tout s’accélère. Le 19 juin, j’ai reçu à Bruxelles mon prix lors des Journées européennes du développement. Une cérémonie organisée par la Commission européenne et inaugurée par un discours de Kailash Satyarthi, Prix Nobel de la paix 2014. Le commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, Neven Mimica, a souligné que ce prix « récompense le travail de journalistes qui vont au-delà de l'afflux incessant d'informations, prenant le temps d'écouter, d'explorer et de découvrir des histoires de développement dans le monde entier. Ils ont mis des visages et des histoires derrière les faits et les chiffres que nous lisons tous les jours. Leur travail est une fenêtre sur la vie et les réalités des autres. Non seulement il nous informe, mais nous fait réfléchir et nous oblige à agir. Avec ce Prix Lorenzo Natali, nous rendons hommage à tous les journalistes qui dénoncent les inégalités et les injustices de ce monde et luttent pour les vaincre avec le pouvoir de la plume. »

Deux autres lauréates. Le Grand Prix Lorenzo Natali a été remis à Glenda Girón Castro, journaliste salvadorienne à La Prensa Grafica, pour son reportage sur les difficultés de trouver un travail lorsqu’on est atteint du virus du sida. La journaliste française Zoé Tabary, travaillant pour la Thomson Reuters Foundation, a gagné le Prix Européen pour son reportage sur des femmes mauritaniennes qui s’occupent des villages lorsque les hommes partent avec leur troupeau durant plusieurs mois.

Nouvelle collaboration 2.0
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Explorer des thèmes qui vont marquer le XXIe siècle, c’est l’ambition de Kapaw, média 2.0 basé en Suisse à Genève et à Zurich. Suivant avec plaisir et curiosité leur aventure depuis maintenant deux ans, je débute une collaboration avec eux sur l’écriture de script. Le résultat final est à découvrir ci-dessous avec la présentation de deux vidéos ou sur leur page Facebook et Instagram.

Conférence : Des Vikings fribourgeois aux Diables dominicains, cap sur le journalisme narratif

Média suisse apparu il y a 5 ans, Sept est spécialisé dans le journalisme narratif. Mais le journalisme narratif, c'est quoi? Réponse le jeudi 22 novembre 2018 à partir de 20h pour une conférence d’une heure portant sur mes deux articles publiés chez Sept en 2018: Sur les traces des Chiens du Nord et Que le diable m'emporte!

Avec mon (léger) accent du sud, je vais raconter les coulisses de ces deux articles. L’occasion de parler plus longuement du journalisme narratif et de sa façon de produire l’information pour créer quelque chose d’original en gardant une soif d’authenticité sur la réalité.

Comment j’ai été amené à me battre à l'épée en plein hiver contre d'intrépides Vikings avant de défiler sur une plage des Caraïbes quelques mois plus tard dans la tenue d’un diable. Voici un petit aperçu avec ces deux vidéos.

Des mooks (contraction entre book et magazine) de Sept consacrés à la Suisse et aux rythmes seront disponibles à la fin de la rencontre. L’évènement est gratuit.

Mes articles sur les ondes de Couleur 3
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Pony Express

De 9h à 12h sur Couleur 3

Mercredi 7 novembre, dans les locaux de Couleur 3 à Lausanne, l’émission Pony Express suit son cours: des musiques rock et alternatives s’enchainent pour le plus grand plaisir des auditeurs. Soudain, un ange passe. Moment de silence. L’heure de l’interview a sonné. Ellen Ichters présente Patrick Vallélian, journaliste et rédacteur en chef de sept.info, venu parler du média et de son rapport à l’information.

Slow journalism ou journalisme narratif… des termes pour certains encore inconnus. Une façon de travailler avant tout: à contre-courant de l’infobésité ambiante, afin de raconter le monde autrement, à travers la réflexion et les émotions. Un pari audacieux lancé il y a 5 ans et pour lequel je collabore régulièrement depuis janvier 2017.

En plein milieu de l’interview (14.35), je sursaute. La présentatrice évoque mon sujet sur les Chiens du Nord, ces Vikings fribourgeois avec lequel j’ai appris à me battre en novembre dernier. Puis, sans transition, mon dernier reportage sur le carnaval de Cabarete en République dominicaine. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Le jour de mes 25 ans, c’est une belle et inattendue surprise.

Les deux derniers mooks avec mes articles sont toujours disponibles sur la boutique de sept.info. Fin novembre, j’aurais l’occasion de les présenter à Fribourg lors d’une soirée au Centre Fries. Je reviendrai sur cet évènement dans un prochain billet.

Marque-page. Mes passages à la télévision suisse
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2017, lors de mes deux premières expériences dans la rédaction de sept.info, j'ai eu l'occasion de présenter sept livres sur la chaine suisse La Télé. Marque-page, une émission courte, moins de trois minutes, pour donner envie aux téléspectateurs de se plonger dans un livre. Un exercice plaisant mais périlleux: une seule prise, pas de filet de secours, quelques tics qui reviennent («et ce qui est intéressant») sans oublier la création d'un nouveau mot dans la langue française (#obscuranturisme).


Mon cousin le fasciste de Philippe Pujol (éditions Seuil)

Après avoir obtenu le prix Albert-Londres en 2014 pour sa série d'articles «Quartiers shit» et après le succès de La fabrique du monstre, Philippe Pujol revient avec un deuxième livre sur son cousin, Yvan Benedetti, ancien chef de l’Œuvre Française, groupuscule de l'ultra-droite française.

Deux épisodes sont d'ailleurs disponibles sur le site de sept.info avec du contenu supplémentaire.


Jours barbares de William Finnegan (éditions du Sous-sol)

Lauréat du prix Pulitzer en 2016 dans la catégorie Biographie, William Finnegan raconte dans ce livre sa relation, forcément très spéciale, avec les vagues et plus particulièrement au surf, sport qui l'a suivi durant sa vie aux quatre coins du monde. Reporter de guerre pour le New-Yorker, le livre évoque aussi son expérience avec l'apartheid en Afrique du Sud alors qu'il était enseignant dans une école.


Au fil du rail de Ted Conover (éditions du Sous-sol)

En 1980, le jeune Ted Conover n'est pas encore un journaliste de renom. Cet étudiant en anthropologie décide durant plusieurs semaines de suivre le long de la côte ouest américaine des «hobos», ces sans-domicile itinérants américains. Une vie loin du confort mais riche en expériences et en rencontres. Un livre témoin d'une époque et d'une certaine liberté. L'auteur dans sa préface nous explique qu'il serait pratiquement impossible de réaliser la même aventure de nos jours.


33 révolutions de Canek Sánchez Guevara (éditions Métailié)

En utilisant la métaphore d’un vinyle rayé qui ne cesse de tourner dans le vide, ce livre dépeint un pays où l’utopie a sombré peu à peu dans une dystopie. Le personnage est un fonctionnaire travaillant pour l’Etat cubain. Muni de son appareil photo argentique, il observe ses compatriotes en tentant de capturer la routine quotidienne ainsi que les nombreuses vagues d’exil du peuple cubain défilant le long de la côte à bord de leurs radeaux de fortune. «L’espoir se fait rare. Seule la mer, au loin, promet encore quelque chose…»


Sexothéraphies de Elsa Fayner (éditions Seuil)

La journaliste française choisit de raconter le parcours de huit patients pendant toute une année sous le regard de Romy Steiner. Sans juger ni médicaliser leurs maux, la sexologue leur donne les mots et les gestes dont ils ont besoin pour se réconcilier avec leurs corps. Des histoires pour percer les mystères de notre sexualité: blocages, fantasmes, pulsions violentes ou encore frissons d’infidélité.


Fils de gonzo de Juan F. Thompson (éditions Globe)

Enfance difficile quand son père s'appelle Hunter S. Thompson, l'inventeur du style gonzo. Un journalisme à la subjectivité totale pouvant parler des Hells Angels, d'alcool et de drogues sans aucun tabou. Avec les souvenirs qu'il a collecté, le fils désormais adulte rend hommage à son père, décédé en 2005, en montrant les différentes facettes d'un homme qui a marqué les esprits par ses frasques et ses écrits.


Aqua de Michel Roggo (éditions Werdverlag)

Durant sept ans, le photographe fribourgeois a plongé son appareil photo dans les eaux douces du monde pour nous livrer un livre rempli de photographies de paysage. Avec le Freshwater Project, il a sillonné des fleuves, des lagunes et des rivières, en passant par la Suisse bien-sûr mais aussi par l'Australie, la Laponie ou encore le Mexique. Un jeu de lumière mêlant des prises de vues aériennes à des prises de vues sous-marines, sans oublier des bonus vidéos à découvrir à l'intérieur de l'ouvrage.

Cuba en noir et blanc, le passé de l'argentique

De Santiago de Cuba à La Havane, un voyage de plus de 1'000 kilomètres à travers le temps.

Trinidad, petite ville au centre du pays, attire de nombreux touristes avec ses rues pavés et ses galeries d'art. Ici, un vieux cubain digne d'un membre de Buena Vista Social Club.

Trinidad, petite ville au centre du pays, attire de nombreux touristes avec ses rues pavés et ses galeries d'art. Ici, un vieux cubain digne d'un membre de Buena Vista Social Club.

Dans un ciel orangé, le soleil se couche lentement sur le tarmac de l'aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince. Voilà une semaine que j'ai passé la frontière de Mallepasse entre la République dominicaine et Haïti. Une même île, deux mondes. Mon article sur l'évolution de la protection des enfants depuis le séisme de 2010 sera prochainement publié. En attendant, cap sur Cuba.

Cuba l'intrépide, Cuba l'invincible, Cuba l'indescriptible. Un pays plein de paradoxes, un fantasme irréaliste, une plongée dans une pauvreté dorée. Et si voyager seul enlève tous repères, j'ai du mal à distinguer la sincérité de l'opportunisme au gré de mes nombreuses et passionnantes rencontres. Santiago de Cuba, Camagüey, Santa Clara, Sagua, Cienfuegos, Trinidad, La Havane : retour en images sur cette traversée d'est en ouest.

Cette série de photographies a été prise en avril 2018 à l'aide d'un Canon AV-1 argentique. Des clichés d'Iphone en couleur sont disponibles sur mon feed Instagram.