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Ep 4 - Vagues marocaines & djebel

Toubkal

 

Europe, on se revoit dans 21 jours. Place à l’Afrique. Depuis la ville de Tarifa, j’embarque sur un ferry à destination de la ville de Tanger. Puis, direction le Rif pour rejoindre Chefchaouen, la perle bleue du Maroc. Suivront le labyrinthe de Fèz, de nombreuses vagues de Mohammédia à Imsounane, l’art d’Essaouira, d’Agadir et de Marrakech avant d’atteindre le sommet de l’Atlas.

 

 

La traversée en ferry de Tarifa à Tanger dure une heure. Dans cette ville située au nord du Maroc, c’est Hugo, jeune journaliste français, qui m'accueille dans son appartement. Une rencontre avec Ianis, un autre journaliste français basé à Lisbonne, m’a permis d’avoir le contact de Mélanie, autre journaliste franco-portugaise basée à Tanger, qui m’a mis en contact avec Hugo donc. Il faut savoir faire confiance au destin !

À Tanger, j’explore les petites rues de la médina ainsi que la kasbah, citadelle devenue musée. Après le premier tajine d’une longue lignée, je sors de la ville en moto pour rejoindre le phare du cap Spartel. Je comprends que la circulation sera chaotique durant mon voyage, surtout dans les ronds-points où les règles ne sont apparemment pas les mêmes pour tout le monde.

Pour la nuit, je trouve un parking couvert sécurisé. Surprise au moment de payer lors de mon départ quand l’agent me demande le double du prix indiqué à l’entrée. Il m’indique que si on ne paye pas le prix à l’avance, on doit payer le total du forfait à l’heure, bien moins avantageux.

 
 

Serpenter des petites ruelles

Je décide de rouler vers le Rif pour rejoindre Chefchaouen, la perle bleue du Maroc. D’abord en longeant la côte vers l’est, puis en passant par Tétouan avant de prendre de la hauteur en traversant de très belles gorges le long de la RR406. À mon arrivée, Chefchaouen dévoile ses multiples nuances aux travers de ses ruelles étroites. Était-ce à la base pour rafraîchir les rues ? Éloigner les moustiques ? Pour des raisons religieuses, spirituelles, ou tout simplement esthétiques ? Différentes théories existent.

Impossible d’accéder à la médina en moto. À l’aide de Google Maps, je trouve un parking à proximité. Rejoindre mon auberge de jeunesse en portant toutes mes affaires est un défi physique tout comme une course d’orientation. Parcourir la vieille ville est une succession de montées et de descentes.

De Chefchaouen à Fès, la Mash parcourt 230 kilomètres, passant d’une brume épaisse à un large ciel bleu. Alternant du bitume récemment posé, des routes cabossées et des pistes de terre, les paysages ont défilé entre plaines, vallées et montagnes.

Une fois à Fès, il a fallu trimbaler une nouvelle fois toutes les affaires du parking à l’auberge de jeunesse en se perdant dans ce labyrinthe à ciel ouvert. Fès est une fourmilière aux ruelles étroites et aux multiples odeurs pas toujours très agréables, en particulier quand on atteint les terrasses qui surplombent les tanneries. Ces dernières font la renommée de ce qui fut l’ancienne capitale du Maroc et dont l’université Al Quaraouiyine, créée en 859, serait la plus ancienne université en activité dans le monde.

De retour sur la côte

C’est bien connu, les amis de tes amis sont tes amis. Baptiste, ami surfeur originaire de Marseille, m’a donné le contact de Greg vivant à Mohammédia, entre Casablanca et Rabat. Même si trois de ses amis viennent lui rendre visite pour la première fois, il m’invite à squatter son canapé et à rester le temps que je souhaite.

Après une soirée à descendre quelques bières onéreuses (exception d’un Maroc plutôt bon marché), j’ai rendez-vous le lendemain avec l’école de surf CSNM pour ma première session de surf au Maroc. Les vagues sont moins grosses que prévu. J’opte pour un long board. Je reste moins d’une heure dans l’eau tant la lecture des vagues est difficile malgré des droites qui déroulent. Le surf demande de l’humilité. Certains spots demandent de la patience avant d’en profiter pleinement. Je me console en partageant un couscous avec différents membres de cette école de surf.

Une deuxième session a lieu le lendemain matin, cette fois-ci à la plage Sidi Bouzid, à la sortie d’El Jadida. Mahmoud, le surfeur local, ne peut surfer avec moi car il doit partir travailler dans une piscine. Je me jette à l’eau, seul. Surfer dans un spot qu’on ne connaît pas avec personne autour de soi n’est pas recommandé. S’il m’arrive quelque chose sur ce point break, je serai complètement livré à moi-même. Les vagues sont assez grosses mais restent molles, le danger est limité. Avec une longue planche, je vais réussir à prendre quelques belles vagues.

 
 

Mon prochain arrêt est la ville d’Essaouira. Avec sa médina classée à l’Unesco et ses remparts ocre, cette ville côtière est devenue un lieu plébiscité par de nombreux artistes à la fin des années 1960. Désormais ville touristique, les voyageurs apprécieront les créations artisanales qui sont exposées dans les rues. De nombreuses galeries d’art exposent également le travail d’artistes locaux.

Côté vague, la ville est malheureusement trop exposée au vent, rendant cette pratique peu courante. Ici, ce sont les kitesurfeurs qui trouvent leur bonheur et naviguent aux côtés des pêcheurs.

La route des oasis

Les pics d'Europe en Espagne, la tour de Torre au Portugal et désormais les oasis du Maroc. Je suis sous le charme de cette route de montagne. Depuis le village de Sidi Mhand Ouchen, je roule jusqu’à Imouzzer des Ida Ou Tanane avant de rejoindre les environs de la vallée du Paradis pour finir mon étape de 250 kilomètres à Aourir, en périphérie d’Agadir.

J’ai préféré faire un large détour plutôt que de longer la côte. Je n’ai pas été déçu de ce choix. Savoir faire ses lacets est obligatoire pour négocier les innombrables virages en épingle. Des montées et des descentes sur une terre d’ocre offrant des panoramas à couper le souffle.

© Sébastien Roux

À Aourir, j’ai rendez-vous avec Hmidi, photographe marocain, que j’ai contacté sur Couchsurfing. Il me propose qu’on aille ensemble faire des courses pour qu’il puisse cuisiner avec sa femme le repas de mon choix. Un bel exemple d’hospitalité marocaine.

Faire du couchsurfing, c’est également accepter les différences culturelles et croyances religieuses. Marié depuis un an avec sa femme et père d’un garçon de 10 mois, Hmidi n’autorise pas sa femme à fréquenter d’autres hommes, celle-ci doit porter le voile intégral quand elle sort dans la rue en sa compagnie. Je n’aurai donc pas le plaisir de faire sa connaissance même en séjournant une nuit dans sa maison.

Au petit matin, je décide de retourner dans la vallée du Paradis tant j’ai aimé cette route. Adepte des randonnées, j’ai également vu qu’il était possible de marcher dans ce lieu au nom prometteur. Durant l’intégralité de mon périple à pied, deux chiens errants vont me suivre à la trace. L’un devant, l’un derrière. D’abord craintif, je comprends que je suis finalement escorté jusqu’à destination. La vallée est pratiquement déserte, tout comme les sources d’eau qui sont presque entièrement asséchées. La dernière pluie doit remonter à plusieurs semaines, peut-être même plusieurs mois.

 
 

À 2 000 kilomètres de chez moi

À vol d’oiseau, Agadir est l’étape la plus éloignée géographiquement de mon point de départ, Digne-les-Bains. Si je ne compte pas visiter le centre-ville, je suis curieux de sa nouvelle médina, un musée à ciel ouvert. Édifiée à partir de 1992 par l’artisan-décorateur connu sous le nom de Coco Polizzi, elle abrite le travail d’artisans et d’artistes locaux. L’ancienne médina d’Agadir a été détruite lors d’un séisme en 1960.

Désormais, il est temps de remonter progressivement vers le nord du pays. Sur la route, la ville de Taghazout est réputée pour ses vagues spectaculaires. Manque de chance, les conditions ne sont pas au rendez-vous lors de mon passage. Qu’importe, un autre lieu m’attire : le village d’Imsouane. Mon coup de cœur de ce voyage, suivi de près par Ericeira et Porto.

À Imsouane, je vais vivre trois jours hors du temps. Une déconnexion complète rendue possible par mon séjour inoubliable à Easy Going. John Jalal est marocain d’origine mais il a vécu plusieurs années en Autriche. Il est venu ici dans son enfance pour faire du bodyboard et du surf. En 2023, il saisit l’opportunité d’acheter ce lieu pour le façonner à son image.

Pour lui comme pour tant d’autres personnes que j’ai rencontrées, Imsouane a une énergie particulière difficile à expliquer avec des mots. Par cette route qui descend entre les montagnes, on arrive dans un autre monde. Un village de pêcheurs devenu un lieu de surfeurs. On y vient pour surfer autant que pour se reposer de l'agitation de nos sociétés.

Mes journées se résument à surfer autant que possible, à manger des plats locaux et à faire de belles rencontres. Imsouane dispose de deux spots : la plage des Cathédrales et la plage de la Baie. La première offre des vagues plus engageantes avec des manœuvres nerveuses sur une petite planche, tandis que la deuxième offre de parfaites conditions pour suivre l’ondulation des vagues sur une longue planche. À marée basse, je vais surfer les plus longues vagues de ma vie sur la baie, partant du port de pêche pour terminer plusieurs centaines de mètres plus loin près de la plage. Au fond de moi, je sais que tôt ou tard je retournerai à Imsouane !

© Sébastien Roux

Au sommet de l’Atlas

Située au pied de l’Atlas, Marrakech est une ville chargée d’Histoire. Je la découvre en arpentant ses multiples souks et en explorant plusieurs riads au cours de la journée. Que ce soit l’ancienne école coranique de la Medersa Ben Youssef, le Jardin secret de la médina, les œuvres culturelles du musée Dar el Bacha ou encore les images captivantes de la Maison de la photographie, Marrakech mérite bien son rang d’oasis !

Mais, au chaos des villes, je préfère le calme de la nature. Sur ma Mash, je décide de traverser une partie du désert d’Agafay, à une trentaine de kilomètres de la ville rouge de Marrakech. Je roule sur des dunes de roche et non des dunes de sable comme c’est le cas au sud d’Ouarzazate. Ma moto vibre sous les secousses mais elle atteint finalement le barrage du lac Lalla Takerkoust. Ce n’est qu’une fois passé le barrage que j’entends un bruit étrange à l’arrière de ma moto. Le protège-chaîne s’est dessoudé. Rien de dramatique, mais je vais redoubler de prudence pour terminer les 234 kilomètres de cette étape passant par Ouirgane, Asni et la vallée de l’Ourika.

Un autre défi m’attend après cette sortie à moto du côté d’Imlil. Après avoir contacté au préalable le Bureau des guides d’Imlil, je compte atteindre le djebel Toubkal, le plus haut sommet d’Afrique du Nord, à pied en faisant un trek sur deux jours. Culminant à 4 167 mètres d’altitude, le Toubkal se mérite. Accompagné d’Abdul, jeune guide local et créateur de Morocco Desert Guide, je démarre ce trek avec cinq autres randonneurs.

En plein soleil, nous avons traversé des petites constructions berbères tout en longeant une vallée encaissée. Après une nuit dans un refuge, il faut se réveiller à 4 heures du matin pour entamer l’ascension finale de nuit sous une température avoisinant zéro degré. Un spectacle incroyable au moment des premières lueurs, comme si l’horizon était en train de brûler au loin, découvrant peu à peu les nombreuses montagnes du Haut Atlas marocain.

Lors de mon retour à Imlil, une nuit de repos au Riad Toubkal Ecolodge sera nécessaire pour reprendre des forces et continuer sereinement ma route. J’en profite pour rencontrer Rachid, président du Bureau des guides d’Imlil depuis 2016. Il m’explique que leur association de guides est la première du pays et qu’elle date de 1990. Les guides certifiés proposent des randonnées pour tous les niveaux, d’une journée jusqu’à 21 jours pour celles et ceux qui veulent traverser l’Atlas. Rachid est également le propriétaire du riad Toubkal Ecolodge qui dispose de sept chambres et d’une superbe vue sur la vallée.

 
 

Papiers, français ? Infraction

Lors de l’ascension du Toubkal, je fais la connaissance d’un couple de Français venant de Strasbourg. Au moment de notre dernier repas, je leur dit avec une pointe de regret que je n’ai toujours pas été contrôlé par la police marocaine alors qu’elle est toujours présente à l’entrée des villes. Les policiers arrêtent régulièrement des voitures et utilisent des jumelles. pour contrôler la vitesse des usagers. Mon vœu sera exaucé le lendemain avec deux contrôles en l’espace de quinze minutes.

Le premier contrôle est rapide. Mes papiers sont inspectés. Il me reste encore quelques jours avant de potentiellement dépasser la limite d’un mois sur le visa et ma moto est en règle, je peux continuer. Le deuxième contrôle commence de la même manière à un détail près. Après avoir vu mon passeport français, le policier me lance dans un français approximatif : « Infraction, la moto a doublé une voiture sur ligne blanche. »

Je reste calme, je réponds que j’étais derrière la voiture depuis un moment et que je n’ai pas fait cela. Il répète « infraction », je répète que je n’ai pas fait cela. Il me fixe un court instant avant de dire : « Allez-y. » Un motard espagnol, lui-même policier dans son pays, m’avait prévenu sur le ferry : si un policier vous accuse d’une infraction que vous n’avez pas commise, répondez que vous n’avez pas d’argent liquide et que vous pouvez payer uniquement par carte, cela devrait suffire à passer. Je n’aurai pas eu l’occasion de tester cette technique.

Le livre de la jungle

Avec des chutes d’eau allant jusqu’à 110 mètres de hauteur, les cascades d’Ouzoud offrent un spectacle saisissant. En choisissant de les visiter durant la matinée, j’évite la foule et je peux prendre le temps de regarder les singes magots en liberté. Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux. De nombreuses autres espèces animales peuplent ce lieu où la végétation est luxuriante. Quand il y a de l’eau, il y a de la vie !

Je regagne ensuite la côte pour conclure mon séjour au Maroc avec une halte d’une nuit à Rabat, la capitale. Celle-ci présente aux yeux des visiteurs un visage moderne. De larges avenues mènent jusqu’à la médina. Après avoir longé à pied la rue dense de Souika, J’arrive à temps au belvédère d'Oudayas pour contempler la fin du coucher de soleil. Des surfeurs s’amusent sur les petites vagues de la plage de Rabat.

Le lendemain matin, je visite le Musée national de la photographie qui fait la part belle à de talentueux photographes locaux. Puis direction Tanger pour ma dernière nuit avant de reprendre le ferry pour Algésiras. Heureusement, Hugo me prévient que mon ferry est sûrement à Tanger Méditerranée et non depuis le port de Tanger ville. Il a raison. Je prends en compte les 45 minutes de route supplémentaire pour ne pas le louper et regagner l’Espagne pour la dernière partie de mon voyage.

© Sébastien Roux

Remonter la côte

Étrange impression que de revenir au mode de vie européen après 21 jours au Maroc. Si les routes sont mieux entretenues, les conducteurs conduisent plus vite. Un samedi soir de fin octobre à Malaga, les rues sont bondées, les bars et restaurants pleins à craquer. Comme à Séville, une procession religieuse traverse les artères principales de cette ville andalouse. La journée, je visite l’Alcazaba, une forteresse médiévale mauresque avant de prendre de la hauteur jusqu’au Castillo de Gibralfaro.

Entre insouciance et inconscience, la frontière est parfois fine. Lors de mon étape Malaga-Almería, j’ai déraillé. Une première sur ma Mash. En salissant copieusement mes mains, quelques secondes m’ont suffi pour remettre en place la chaîne. Après une nuit à Almería, je vais voir un garagiste. Celui-ci me recommande de remplacer l’ensemble de la chaîne de transmission dès que possible. Je reprends la route, mais j’annule mon étape à Alto Velefique, étape mythique de la vuelta en vélo, à cause d’une météo menaçante et d’une chaîne fragile. Je traverse néanmoins des lieux photogéniques à l’image du village de Cóbdar installé au pied d’une montagne de marbre blanc appelée « La Piedra ».

© Sébastien Roux

Je tente ma chance dans un garage à Murcia, mais ce dernier ne revient jamais vers moi malgré plusieurs relances. C’est finalement le garage GP Motos à Valence qui s’occupera de commander les pièces nécessaires puis de remplacer mon kit de transmission. Celui-ci était vraiment dans un état critique.

Rejoindre Digne-les-Bains aurait été un pari risqué. Le garagiste a également vu que mon garde-boue était mal fixé et a rajouté deux boulons pour éviter un incident en cours de route.

Voyager pour rencontrer

Quel plaisir de rouler le long des petites routes plutôt que sur l’autoroute ! Des virages et des villages plutôt que des péages ! Pour rejoindre Barcelone depuis Valence, j’effectue environ 600 kilomètres dont un arrêt à Vinaròs afin de passer une nuit dans ce qui sera mon dernier couchsurfing du voyage. Là encore, une très belle rencontre chez Ivàn. À Malaga, Almería, Murcie et Valence, j’ai également eu la chance de loger chez d’autres personnes très sympathiques. Merci Luigi, Klaus, Jack et Alex pour votre accueil.

À Barcelone, j’ai la chance de retrouver Cande et Jony, un couple originaire d’Argentine que j’ai rencontré au Mexique il y a plusieurs années. Photographe, Jony immortalise la fin de mon voyage à moto en prenant quelques photos dans sa rue avant que je parte en direction de Cadaqués, village côtier niché entre les collines du cap de Creus et la Méditerranée.

 
 

Ce ne sont pas des vagues mais des artistes, Salvador Dalí et Pablo Picasso, qui ont fait la renommée de ce lieu. Pour y accéder, il faut prendre la seule et unique route sinueuse. Pas évident de doubler toutes les voitures dans les nombreux virages, mais après un dernier col, les maisons blanches apparaissent en contrebas.

Je traverse ensuite la frontière via Le Perthus pour passer une nuit dans le village de Thuir plutôt que dans la ville de Perpignan. Cela me permet d’accéder facilement au Força Réal le lendemain matin. Signifiant en catalan « force royale », un château fort y fut autrefois érigé pour marquer la frontière entre le royaume de France et le royaume d’Aragon. Facilement accessibles, des belvédères permettent d’avoir une vue à 360 degrés sur ce territoire.

Je continue ma route vers le parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes puis celui du Haut-Languedoc afin d’arriver à Montpellier pour retrouver mes amis Honorine et Yoan. Plutôt que de regagner directement les Alpes-de-Haute-Provence, je décide de faire une escale supplémentaire en passant une nuit à La Garde, près de Toulon.

Depuis Montpellier, je longe une partie de la Camargue avant de remonter vers les Alpilles. Puis je traverse le parc naturel régional de la Sainte-Baume. Cela me permet de profiter d’un ciel bleu éclatant, comme la Provence a coutume d’offrir, tout en passant de bons moments avec Chloé puis Rémy, des amis rencontrés lors de mes études à Aix-en-Provence il y a plus de dix ans. Durant plus de deux mois, j’ai certes voyagé seul mais j’ai toujours été bien accompagné.

Note sucrée

Après avoir pris l’emblématique route des Crêtes allant de La Ciotat à Cassis, Je m’accorde une ultime étape gourmande à La Bastide des Magnans, restaurant français de renom à Vidauban. Mon ami Théo Polledri y est le chef pâtissier jusqu’à avril 2026. Il fallait que je termine sur une note sucrée. Après un succulent repas, j’ai opté pour une tarte déstructurée avec de la poire, du coing, un sorbet fait maison et une mousse au safran. Un délice, un dessert qui fond en bouche.

Les derniers kilomètres pour atteindre Digne-les-Bains se font de nuit, dans le froid d’une nuit d’automne. De Vidauban à la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, j’ai longé le lac de Sainte-Croix. Si j’arrive un peu tard pour apercevoir le soleil se coucher, j’ai néanmoins l’occasion d’admirer les nuances de couleurs changer progressivement.

© Sébastien Roux

La pleine lune monte progressivement dans le ciel, me permettant d’avoir une lumière supplémentaire à mes pleins phares pour conduire sur des routes de campagne sans éclairage.

Il paraît que toutes les bonnes choses ont une fin. Ce voyage à moto devait faire environ 9 200 kilomètres, il a finalement dépassé les 11 000 kilomètres en même temps que toutes mes espérances.

La route des vagues ne s’arrête pas là. Dans quelques jours, je retourne vivre en République dominicaine pour retrouver les vagues des Caraïbes au sein de l’équipe de Parallel Surf. Le température de l’eau ne sera pas la même, mais le plaisir de la glisse restera identique. Je trace ma voie, sur la route comme sur l’eau.

Cliquez sur cette image ou sur le lien suivant pour accéder à mon polarsteps retraçant cette aventure.


Sébastien Roux

Photo de couverture © Sébastien Roux

 

Bonus - Surf camp : mode

­ d’emploi & b.a.-ba du surf

Épisode 1 - Des Alpes au Pays basque

Épisode 2 - Vagues espagnoles & Pics d’Europe

Épisode 3 - Vagues portugaises & Saudade


Ce carnet de voyage a été publié dans les numéros 90 et 91 de Road Trip